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Atelier Art social à Virton
Article mis en ligne le 3 septembre 2015
dernière modification le 3 décembre 2016

par Michel Simonis
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PEINTURE SOCIALE
VIRTON

Inspiré de Rudolf Steiner, le travail de « peinture sociale » révèle l’importance respective prise par les forces vitales du développement de l’enfant, (pensée, sentiment, volonté), trois aspects intimement liés tantôt dans l’unité et l’harmonie, tantôt dans la suprématie d’un domaine sur les autres, selon la synergie de chaque groupe.

Dans la discussion et la théorisation, on pourra jouer avec ces concepts, et construire d’autres triangles qui prennent sens et élargissent les concepts, comme par exemple, l’axe du développement du moi (logique d’apprentissage), l’axe de la gratuité (logique de choix et d’autogestion ) et l’axe de l’implication dans le milieu (logique de production), trilogie qu’on trouve dans les programmes de l’enseignement fondamental (du libre).
Expérience de construction d’une solidarité dans le travail d’équipe, qui se construit petit à petit, organiquement, comme grandit une plante.
Peut s’y ajouter un niveau communautaire, la tri-articulation sociale : la synergie entre les trois forces, toujours selon Steiner, (liberté, égalité et fraternité).

A propos de la peinture sociale

Parfois chacun se réserve un coin à lui et s’interdit d’aller sur le terrain des autres. Dans ce cas, il n’y a pas d’œuvre collective, et en général le résultat est assez pauvre et sans unité.

L’un ou l’autre peut rester dans son coin, et faire son petit travail jalousement gardé. Souvent, cela incite quelqu’un d’autre à venir titiller son œuvre solitaire, démonter sa belle construction, ajouter une couleur ou un graffiti ou même raturer son dessin. Parfois le pillage se produit comme une soudaine impulsion, naïve ou agressive. L’un s’amuse à faire des taches de couleur sur le travail, jugé trop sombre, de l’autre ; ou, emporté soudain, y va carrément avec sa main, à travers tout.

Comme tout le monde se sent concerné dans le petit groupe, cela permet l’expression des émotions et une théorisation des enjeux.
Des questions fondamentales sont présentes : des questions de pouvoir, de violence, d’identité, de propriété, des questions sociopolitiques mêmes sont en jeu.

Raturer, déchirer ou effacer la trace de quelqu’un d’autre, c’est faire disparaître quelque chose qui peut avoir pour lui beaucoup d’importance et de signification. Les productions artistiques en arts plastiques peuvent être vécues comme prolongement du moi, trace matérielle et tangible d’un savoir-faire ou d’un savoir être. Pour l’un, toucher à sa trace sera toucher à son être, pour un autre, ce sera toucher à ce qu’il a produit, donc à ce qui lui appartient, à son avoir.

Dans notre culture, la création est le plus souvent attachée à une produit. On a même des musées (et des banques) pour stocker les productions des artistes. A l’autre extrême, il y a l’artiste potier qui brise ses pots quand ils sont achevés, parce que la seule chose importante pour lui est l’acte intense de la création. « Une participation éphémère à l’acte divin de création du monde » disent les aborigènes de leurs peintures de paysage dont ils ne laissent aucune trace une fois la cérémonie terminée. Et les moines tibétains dispersent au vent leur mandala de sable qui leur a demandé des semaines d’un travail minutieux.

Si nous permettons à chacun de mettre des mots sur ce qu’il vit et ressent, et encore mieux de les écrire, on va enclencher une prise de conscience de ce qui s’est joué dans l’événement. Ce qui était négatif (la déception, la frustration, la colère, la pulsion à piller, à détruire, la honte ou la peur de mal faire ... ) peut ainsi prendre un sens positif : la prise en compte des sentiments, des émotions, des jeux de pouvoirs, la découverte des projets ou des croyances auxquels on était farouchement attaché, un lâcher prise, des enjeux sociaux ou politiques dans le groupe, etc ...

Eduardo De Bono décrit un niveau de résolution des conflits au delà de la discussion ou de la négociation polaire, si chère à nos esprits occidentaux, et dans laquelle les points de vue s’affrontent : la construction d’une solution neuve à partir des points de vue de chacun (cf. son livre « Conflits » traduit en français chez InterEditions). N’est-ce pas ce qui était en jeu, symboliquement dans la peinture collective ?

Michel Simonis


30 années de GBEN


Sorti de presse fin octobre 2016, le carnet du CARHOP de Florence LORIAUX « Transformer la société par l’éducation, 30 ANS DE RéFLEXIONS ET D’ACTION DU GBEN » retrace l’histoire de notre mouvement.

Le livre (141 pages) est disponible au prix de 10 €. (plus les frais postaux éventuels).

On pourra trouver le livre chez quelques membres actifs du GBEN. Il peut être commandé à Ermeton s/Biert auprès d’Eugénie Eloy (12 € plus les frais de port) à verser sur le compte du GBEN Triodos BE22 5230 8031 3247 du GBEN asbl.



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