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JARDIN D’ENFANCE (3) : Au service d’un jardin d’enfance
L’enrichissement matériel et les contraintes créatives
Article mis en ligne le 7 mai 2012
dernière modification le 6 décembre 2012
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S’il est appréciable que le milieu de vie des enfants soit organisé en espaces d’activités diversifiées, il est tout aussi appréciable qu’il soit enrichi en permanence afin de permettre aux activités librement choisies, oserions-nous dire spontanées, de devenir des découvertes de plus en plus élaborées.

En effet, il ne faut pas seulement laisser jouer (donc apprendre) au jardin d’enfance, il faut tout faire pour que les enfants y jouent le plus et le mieux possible.

Si les enfants ont le libre choix de leurs activités, celles-ci seront évaluées grâce au climat, que nous appellerons « d’activité joyeuse » qui y règne.
Les comportements que nous vivons mal comme agressivité, taquineries désobligeantes, cris, vagabondage… sont le plus souvent le résultat du désintérêt pour la tâche pourtant choisie.
L’enrichissement des espaces organisés, par sa nouveauté même, dope le plaisir de participer, augmente les découvertes, favorise la communication entre enfants et entre un adulte-un enfant.

Nous citerons deux possibilités (parmi d’autres) d’enrichissement efficace :

1. Enrichissement du matériel

2. Contraintes (consignes) créatives

Quelques exemples de cet enrichissement, mis à part celui dont nous avons déjà parlé, qui est de choisir, le plus fréquemment possible, un matériel modulable et informel : caissettes en bois ou en carton, petits bassins d’eau plutôt qu’un grand bac où les expérimentations se perdent, plaquettes de bois (kapla ou autres chutes de parquets)…

1. Enrichissement matériel

• Au coin des poupées,
Découverte au fil des jours ou des semaines :

  • Dans le tiroir : des nouveaux tissus de toutes sortes, taille, texture, couleur…
  • Dans l’armoire des poupées : des toasts, de la confiture, des biscuits…qui n’étaient pas là hier.
  • Un jour on invite une maman qui vient donner le biberon ou le sein à la petite sœur de …
  • Ou qui donnera le bain…
  • On découvre un livre qui raconte un évènement familial…

• A l’expression artistique, petit à petit :

  • Varier les supports : au chevalet, au mur, sur la table…
  • Varier la texture : feuille de papier lisse, rugueuse, ondulée, brillante, mate…
  • Varier le type de peinture : aquarelle, gouache, pâte colorée…
  • Varier les pinceaux, du plus épais au plus mince…
  • Mettre à la disposition des « artistes » des reproductions de peintres connus ou inconnus : Matisse, Picasso, Velasquez, le Douanier Rousseau, l’école Cobra, artistes des cultures variées présentes dans la classe … la bibliothèque est également une ressource d’illustrations variées, de langues variées, livres enfantins ou autres, représentatifs des cultures du monde mais aussi des cultures sociales de notre société
  • Peindre dans la nature
    Peindre avec les pieds

    Evidemment, on se gardera bien de demander une peinture« à la manière de » mais plutôt un mélange des genres et des couleurs que chacun fera revivre à sa manière…

Il est agréable, donc stimulant que les ‘enrichissements’ soient librement découverts car ils sont un langage (Tout est langage, écrivait Françoise Dolto) ; les enfants les ressentent, sans qu’il soit utile de le souligner, comme des marques d’affection. Ils resserrent les liens.

• Expérimentation-recherche :

Un matériel ouvert, insolite, permettant beaucoup de manipulations et de découvertes place l’adulte dans une attitude d’admiration devant le génie des ‘découvreurs’ ; ce sont deux ou trois enfants, qui se surprennent de leurs résultats et ont envie de les communiquer : « Eh, venez voir ce qu’on a trouvé ! »

Ces moments de grâce font un bien fou à la maîtresse. En abandonnant la fonction de censeur, elle allège son rôle et, oserais-je le dire, elle entre en affection avec son métier qui devient un art de vivre. Elle sera plus sensible à ce que tous les enfants se reconnaissent, retrouvent leur culture même si celle-ci est moins reconnue voire appréciée par le milieu scolaire.

Donc pas de « Petit Bourgeois Gentilhomme » (Alain Accardo. éd. contrefeux. Agone) mais une richesse immense de points de vue, de mentalités, de tournures d’esprit loin de « la » pensée unique fut-elle scolaire !

2. Contraintes ou consignes créative :

Ici c’est l’enseignant qui guide la recherche, la clé étant de lier les apprentissages réalisés antérieurement, spontanément ou non, et d’amener ainsi les enfants, progressivement, sur le chemin de la conceptualisation : formuler des hypothèses, vérifier, conceptualiser… tout en sachant que ce chemin sera long à parcourir et la lenteur une richesse à conquérir :

 « Ce n’est pas en tirant sur la queue des têtards que l’on fait grandir les grenouilles (Claparède)

Le véritable apprentissage se nourrit de lenteur (Bachelard)

Oserai-je exposer la plus utile règle de toute éducation ce n’est pas de gagner du temps, c’est d’en perdre. (J.J.Rousseau. Emile ou de l’Education. Paris. Gallimard p.112)

Activités d’initiations mathématiques : toujours annoncer la consigne avant le choix des enfants, pas de piège ! Des verbes d’action à l’impératif, situent la contrainte.

  • Inventez des embûches à proposer aux autres au jeu de l’oie…
  • Utilisez le compas, le rapporteur, l’équerre pour réaliser un dessin à trois…
  • Inventez toutes sortes de figures avec le tan gram et les dessiner pour le mettre dans le classeur de recherches à proposer aux autres…
  • Choisissez une feuille du dit classeur et reproduisez-la, ou complétez-la...
  • Jouez au jeu de l’oie mais avec le nombre du dé rouge on avance et avec celui du dé vert on recule… ou avec celui qui marque le plus grand nombre on avance, avec l’autre on recule…
  • Jouez à un nouveau jeu de coopération (avec l’adulte ou avec un aîné qui le connait déjà…)
  • Tirez au sort, avec les dés adéquats, les blocs Diènes et à trois ou quatre participants, construire un village en tenant compte des grandeurs, des couleurs, des épaisseurs…

Dans ces contraintes créatives toute la créativité de l’enseignant à sa place. Lui sait observer ce que l’enfant ou le petit groupe d’enfants découvrent et l’impulsion qu’il faut y mettre afin de créer l’étincelle de l’ « eurêka » !

Ce sont les résultats de ces impulsions qui après une mise en mots, permettront, à partir des découvertes spontanées au sein d’activités organisées, une capitalisation d’expériences dans laquelle nos futurs écoliers puiseront les hypothèses et les vérifications indispensables à la conceptualisation dont nous parlions plus haut.

Engranger une banque de données, d’expérience vécues ensemble dans le milieu scolaire, grâce à un matériel varié et à des consignes créatives, nées de cheminements personnels et/ou communs à de petits groupes d’enfants le plus possibles hétérogènes en âge et en milieu social ou ethnique sont la caractéristique d’un jardin d’enfance équitable, d’Education Nouvelle.

N’avons-nous pas plus de trois années, de 2 ½ à 6 ans pour faire naître cette jubilation née de la découverte solidaire, du plaisir d’apprendre, du plaisir de chercher, du plaisir de s’exprimer, du plaisir de s’émouvoir et de vivre ses émotions quelles qu’elles soient !

Ne remplaçons pas une culture familiale par une culture scolaire, prenons appui sur la culture de chacun et surtout sur l’énorme potentiel (capacité) de chacun à s’enrichir de l’expérience de l’autre…La culture scolaire sera enrichie par les apports des cultures différentes sollicitées dans la classe.

La langue française nous permet de différencier les termes : apprivoiser et domestiquer…

Apprivoisons les différences, enrichissons les groupes du jardin d’enfance de toute la variété présente dans la société, sans hiérarchie, sans jugement de valeur.

Ne rognons pas les ailes des oies sauvages pour, ensuite, leur reprocher de plus pouvoir voler !

Eugénie Eloy, avril 2012

eugenie.eloy@live.be

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30 années de GBEN

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