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Derrière le bac, quel projet d’Ecole ?
Nicolas Dauphin
Article mis en ligne le 17 août 2014
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Instaurer un « bac » en fin de sixième secondaire, c’est oublier que les enfants sont au cœur du projet scolaire et cela reviendra à dévaloriser le principe d’évaluation.

Une opinion de Nicolas Dauphin, sociologue et enseignant. Publiée le vendredi 15 août 2014

La déclaration de politique communautaire nous annonce que dans le cadre des travaux du gouvernement, la ministre de l’Enseignement va donc travailler à la mise en place d’un « bac » en fin de sixième secondaire.

L’idée n’est pas neuve. Elle est présente depuis de nombreuses années et les tests et épreuves certificatives externes qui ont vu le jour au cours de ces dernières années donnaient déjà le ton, avec l’appui des comparaisons internationales de type Pisa qui prennent de plus en plus de place dans les médias et in extenso dans les recommandations de pilotage des établissements scolaires.

Ainsi l’apparition d’un test certificatif en fin de secondaire n’est pas réellement une surprise. Ce qui est plus intrigant, c’est ce que ce type de test et d’épreuve apporte aux élèves, qui sont tout de même le centre du projet et du travail des enseignant(e)s et des établissements scolaires.

Les arguments évoqués pour développer ce type de test certificatif externe portent sur la puissance informative qu’il permet de donner à un niveau général global : taux de réussite, établissements en retard, inégalités du système… sans toutefois tenir compte des contextes locaux particuliers et des trajectoires individuelles des élèves.

Si ces indicateurs doivent effectivement être récoltés et analysés, je pense que cette récolte de données ne doit pas passer par le biais des épreuves certificatives externes généralisées mais dans un autre dispositif distinct permettant d’établir les indicateurs voulus. Utiliser l’évaluation certificative comme outil de management global, c’est dévaloriser le principe d’évaluation.

En effet, l’évaluation d’un élève, encore plus quand ce même élève a été baigné dans un projet pédagogique global qui demande de travailler par compétences et par interdisciplinarité, ce qui est le cas chez nous, ne peut se contenter d’en rester à des évaluations mécaniques standardisées où le principe des questions fermées portant sur une discipline unique est le maître mot. Que peut réellement en retirer l’élève ? Le principe d’un monde binaire où les matières ne se croisent pas ? Où les enjeux sont cloisonnés dans des principes fermés sans nuances ? Que finalement évaluer un être, c’est l’enfermer dans des logiques de réponses formatées permettant de construire des indicateurs globaux mais avec quel sens de construction de la pensée critique ?

Aujourd’hui, à force de ne plus savoir réellement ce qu’il faut faire pour améliorer le système scolaire, l’évaluation n’est plus un outil avec l’élève au centre de sa finalité mais un dispositif d’agrégation de données permettant d’entrer dans un jeu de comparaison de systèmes.

L’enjeu de la réflexion ne doit pas porter sur un « bac », qui doit nous prouver qu’il apporte des éléments significatifs de sens à l’élève, mais plutôt sur un projet porteur global de notre Ecole qui puisse rassembler les acteurs de notre système scolaire, avec nos enfants au centre de la réflexion, et avec l’idée qu’ils puissent disposer d’un esprit critique suffisamment construit pour se positionner dans le monde qui les entoure. Est-ce que s’acharner à croire que les évaluations externes standardisées vont sauver l’enseignement prouve la désespérance intellectuelle et pédagogique dans laquelle nous nous trouvons, ou cela marque simplement le manque de courage de prendre le temps de réfléchir à notre système globalement en mettant systématiquement dans notre grille de lecture nos enfants au cœur du projet ?

J’ose espérer que non, au vu du nombre d’acteurs de l’enseignement qui attendent désespérément un signal clair pour pouvoir entamer un chantier de construction nettement plus fondateur et durable, dans lequel la question de l’évaluation a une place à prendre en fonction de ce que nous voulons porter comme projet d’Ecole.

Nicolas Dauphin, sociologue et enseignant, Auteur de « l’école des possibles. Essai pour un changement durable du système scolaire. » (Ed. Etopia)

P.S. :

« l’école des possibles. Essai pour un changement durable du système scolaire. »
Ce texte livre mes contours, et ma façon de repenser l’École en Fédération Bruxelles-Wallonie pour lui donner du souffle, un cœur, et surtout une âme. Mon objectif est de lancer un plaidoyer sincère sur la nécessité de réfléchir à ce que nous souhaitons, aux incongruités que nous avons construites au fur et à mesure du temps, à l’introduction plus systématique du Sens dans nos établissements scolaires et dans la vie de nos jeunes. Et enfin, une réflexion plus systémique qui configure les contours d’un quasi-marché scolaire qui traduit l’inégalité de plus en plus présente de notre société. (lire la suite…)


Une auberge espagnole pédagogique

L’an passé, les 23 et 24 août, une trentaine de pionniers Educ/Nouv ont vécu à Buzet, deux journées de gourmandises pédagogiques partagées, les uns initiant les autres pour faire fleurir des écoles tout autres.

Cette année, on remet le couvert...

Auberge espagnole pédagogique

des 24 et 25 août de 9 h à 16/17 h
à Buzet

Voici ce qui est prévu : on se rencontre librement sur le mode de la non directivité intervenante chère à Michel Lobrot (Madame Google vous en apprendra…), ce qui veut dire que ce sont les participants qui décident du programme, qui se groupent au gré de leurs désirs, sur des thèmes choisis par eux, avec des vieux briscarts branchés au courant alternatif ou avec des virginités utopistes. Chacun peut intervenir en proposant une démarche, des documents.
Tout quiconque peut proposer une assemblée générale, une vidéo, un témoignage, un verre de l’aménité, une séance d’impro… à sa guise.

A l’auberge de Buzet, on trouve de la vaisselle, des tables et des chaises et on se partagera les bonnes choses gastronomiques apportées quand on salivera devant l’étalage .

Namur n’est pas loin, son Auberge de Jeunesse est très prisée. On peut s’y retrouver le soir du 24 pour une virée vespérale…

PAF sur place de 2 à 5 euros (maximum) pour les deux jours à glisser dans la fente d’une boîte jolie.

Collecte des inscriptions nécessaires sur :

pepinstercharles@yahoo.be



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