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Le thermomètre et la maladie
TRAIT D’UNION GBEN - N° 2 - 24 novembre 2010

A propos de la notation...

Article mis en ligne le 24 novembre 2010
dernière modification le 25 mars 2014
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L’écoute de la radio m’a fait réagir aux commentaires des traditionalistes.

Une réaction de Laurent CARLE

Le thermomètre et la maladie

En ce jour du 19 novembre 2010, l’appel des opposants à la notation scolaire suscite beaucoup de commentaires. A la radio, j’entends ceux des gardiens de l’ordre et de la tradition scolaires, garant de la perpétuation des inégalités sociales : Luc Chatel, Luc Ferry, Alain Bentolila. Ils ne sont pas les seuls. On peut en citer beaucoup d’autres. Leur argument majeur est d’ordre technique. Si on casse le thermomètre, on ne guérira pas le malade. N’y voyez aucun motif d’ordre politique ou idéologique ! L’argument est pesé et sérieux.

Glissons sur le choix maladroit de la métaphore, qui nous donne à penser que la scolarité serait une maladie infantile comme la scarlatine ! Ces gardiens du temple n’ont sans doute jamais utilisé, ni vu un thermomètre. Sinon, ils sauraient que le thermomètre, même en bon état, ne guérit jamais le malade. S’il mesure bien la température, c’est parce qu’il est étalonné en degrés et que, quel que soit l’utilisateur, le lieu, l’heure ou « l’évalué », la mesure d’une température t est constante. Ni variation, ni biais, ni effet-maitre ! Ce n’est pas ce qui se passe dans la « correction-notation ». Si l’hôpital, qui ne se moque jamais de la charité, mesurait les températures en utilisant ces procédés scolaires, les infirmières évaluatrices, sans instrument étalonné, comme les profs, se serviraient de quoi ? De l’index ou du majeur ? A l’œil ou au nez ? Dans quel orifice ?

Par contre, la notation, dès l’entrée au CP, non seulement tue le désir et le gout d’apprendre, mais en supprime la capacité et la possibilité. En effet, pour apprendre, il faut pouvoir se tromper sans crainte, sans appréhension et sans sanction. La note, qui condamne l’erreur, interdit l’apprentissage. La « faute » cent fois sanctionnée finit par convaincre l’élève de son incapacité et de son indignité, le conduisant, « naturellement », à la démission, que les analystes du second degré nomment le « décrochage », ignorant que le collégien « décrocheur » a décroché depuis bien longtemps, fut décroché par la notation, dès l’école élémentaire.

L’enfant naïf, venu à l’école pour apprendre, découvrira un jour, à ses dépens et trop tard, que l’apprentissage n’est pas le but véritable. La règle du jeu cachée est de concourir pour se classer en tête de classe par ses acquis, acquis avant, acquis qui permettent de dialoguer avec la maitresse pendant la leçon et d’être repéré comme bon. Ce qui entraine un préjugé favorable au moment de la « correction » du « devoir » écrit et de l’interrogation sur ce qui reste de l’enseignement du jour. Car, à l’école selon Luc et Alain, avec le thermo-pifomètre, on ne mesure pas ce que l’enfant sait, mais ce qui reste de la leçon magistrale.

Alain Bentolila expliquait à ses intervieweurs que tout apprentissage se fait sans joie, qu’apprendre à lire, par exemple, n’est jamais un plaisir. C’est dur, laborieux, aride, pénible, douloureux parfois. Le plaisir ne peut venir qu’après l’effort scolaire, après la peine. C’est à ça qu’on reconnaîtrait un bon élève et, seuls, les élèves persévérants finiraient par apprendre à lire et rencontrer le plaisir. Les mauvais élèves seraient victimes d’une frigidité chronique à soigner chez l’ortho… à moins que sa pédagogie ne soit inspirée du parcours des femmes qui découvrent les joies de la maternité à travers les douleurs de l’enfantement ou de l’itinéraire des saints qui atteignaient le bonheur spirituel par la douleur du martyre. Il semble qu’à ce moment il pensait à l’apprentissage avec sa méthode dite de lecture. En effet, c’est profondément ennuyeux et déroutant. Après quelques journées de classe à s’échiner sur Gafi, sans éprouver d’orgasme, il y a de quoi abandonner l’apprentissage de la « lecture ». Alain Bentolila se trompe, c’est humain. Il confond apprendre à lire et suivre laborieusement la leçon de déchiffrage faite par la maitresse de CP, avec le concours d’une méthode comme la sienne.

C’est dur…

Bref ! Si apprendre est douloureux et la scolarité, une maladie, il serait temps que les labos cherchent un antidouleur scolaire et un vaccin contre la scolarité, en complément du thermomètre.

Laurent CARLE


Une auberge espagnole pédagogique

L’an passé, les 23 et 24 août, une trentaine de pionniers Educ/Nouv ont vécu à Buzet, deux journées de gourmandises pédagogiques partagées, les uns initiant les autres pour faire fleurir des écoles tout autres.

Cette année, on remet le couvert...

Auberge espagnole pédagogique

des 24 et 25 août de 9 h à 16/17 h
à Buzet

Voici ce qui est prévu : on se rencontre librement sur le mode de la non directivité intervenante chère à Michel Lobrot (Madame Google vous en apprendra…), ce qui veut dire que ce sont les participants qui décident du programme, qui se groupent au gré de leurs désirs, sur des thèmes choisis par eux, avec des vieux briscarts branchés au courant alternatif ou avec des virginités utopistes. Chacun peut intervenir en proposant une démarche, des documents.
Tout quiconque peut proposer une assemblée générale, une vidéo, un témoignage, un verre de l’aménité, une séance d’impro… à sa guise.

A l’auberge de Buzet, on trouve de la vaisselle, des tables et des chaises et on se partagera les bonnes choses gastronomiques apportées quand on salivera devant l’étalage .

Namur n’est pas loin, son Auberge de Jeunesse est très prisée. On peut s’y retrouver le soir du 24 pour une virée vespérale…

PAF sur place de 2 à 5 euros (maximum) pour les deux jours à glisser dans la fente d’une boîte jolie.

Collecte des inscriptions nécessaires sur :

pepinstercharles@yahoo.be



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