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Le site du Groupe belge d’Education nouvelle.

La tulipe
ou « Démarche du petit garçon »
Article mis en ligne le 29 juin 2008
dernière modification le 4 mars 2017

par Eugénie Eloy
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1. Travail individuel, silencieux, pour être lu . "Racontez par écrit une anecdote significative ayant trait à la création, à l’imaginaire, anecdote positive ou négative qui vous a marqué lors de votre scolarité.
(10 min.)

2. Lecture des textes, soit par leurs auteurs, soit après échanges anonymes. _ (5 min)

3. L’animateur(trice) demande à chacun de dessiner, sur feuille A4 avec des feutres rouges et verts une tulipe dont il (elle) affiche le modèle. Les participants affichent leurs productions afin de faire un champ de tulipe.
(10 min.)

Invitation de l’animateur : gardons les plus belles tulipes. Lesquelles choisir ?

4. Lecture par l’animateur(trice) du texte : « LE PETIT GARCON » d’ Helen E.Buckley.
(voir annexe)

5. Nous pouvons à présent faire la fleur de nos souhaits - sur papier grand format - avec pastels, feutres, crayons, gouache.... Des reproductions de tableaux fleuris, faits par des peintres très différents sont à votre disposition.
(15 min)

6. Environ 2 à 3 minutes après le début de cette réalisation, obligation est faite à tous d’aller voir chez les peintres et d’intégrer à leur production un élément observé.

7. Par groupe de 3 ou 4 , réalisation sur une grande affiche, d’une exposition ou d’une vitrine de fleuriste... avec les fleurs de chacun... on peut ajouter ce que l’on désire, couper, coller, ou laisser intactes les productions.
(15 min)

8. Exposition. Discussion des différentes phases de la démarche.
(10 min.)

9. Distribution du texte « Le petit garçon » (voir en annexe) à chaque participant . Après lecture lente et individuelle, 4 groupes, 4 questions à réfléchir. Rapport oral.
( 10 min.)

Questions :
- Qu’est-ce qui fait, dans son histoire, dans son passé personnel, que la 1ère maîtresse se comporte ainsi ?
- Pourquoi le petit garçon renonce-t-il si facilement à ses propres productions ?
- Qu’est-ce qui fait dans son histoire, que la 2ème maîtresse agit différemment ?
- Qu’est-ce qu’il y a de différent entre ce que nous avons lu et fait ? (poème et anecdote de départ.)

THEORISATION

Cette démarche fait apparaître trois modes d’éducation :

1. Transmission - soumission

2. Méthode active et libertés

3. Education nouvelle - Apports intégrés.

1. Transmission - Soumission :
C’est la phase décrite par l’auteur du poème (1ère partie) On s’apitoie sur le sort de l’enfant malmené. Pense-t-on au professeur qui impose ses modèles... faute de SAVOIR comment faire autrement ? N’est-il pas aussi coincé que ses élèves ?

2. Méthode active - libertés.
La plupart des maîtres, à qui répugne l’imposition des modèles, basculent dans le vide : les élèves sont libres de dessiner ce qu’ils veulent. C’est ainsi que ceux qui « dessinent bien », qui ont des références sociales favorables, réalisent de meilleurs travaux que les malhabiles. La croyance dans les dons ou dans les mérites du milieu familial guette et les élèves ne sont guère des apprenants. Ce genre de pratique dite active est illustrée par la seconde maîtresse du poème.

3. Education nouvelle - Apports intégrés.
Au cœur d’un dispositif d’éducation nouvelle, se trouve le principe suivant : « L’enfant apprend tout par lui-même, mais pas tout seul ». C’est le mécanisme de libération d’une part et d’appropriation (co-pillage) obligatoire d’autre part. C’est l’expression personnelle enrichie des avancées des autres.
Concrètement, une contrainte est là :
« Allez voir chez les autres et intégrez au moins un élément »pillé« 1 dans votre réalisation » .
Puis : « fresque collective » qui oblige à emprunter les idées des autres pour s’enrichir.

Eugénie ELOY,
avec, en amont, Isabelle LAMORTHE et d’autres amis d’Education Nouvelle,
notamment du GFEN Sud-Ouest.

Annexe

LE PETIT GARCON

Un jour un petit garçon partit pour l’école.
C’était encore un bien petit garçon
Et l’école était fort grande.
Mais quand le petit garçon
Découvrit qu’il pouvait arriver à sa classe
En entrant directement par la porte de la cour,
Il se sentit content
Et l’école n’avait déjà plus l’air
Tout à fait aussi grande.

Un matin,
Alors que le petit garçon était à l’école depuis un certain temps,
La maîtresse dit :
« Aujourd’hui, nous allons faire un dessin ».
Il aimait faire des dessins
Il savait en faire de toutes les sortes :
Des lions et des tigres,
Des poules et des vaches,
Des trains et des bateaux.
Et il prit sa boîte de crayons
Et il commença à dessiner.

Mais la maîtresse dit : "Attendez !
Ce n’est pas le moment de commencer « Et elle attendit jusqu’à ce que tout le monde ait l’air prêt. »Maintenant« dit la maîtresse, »Nous allons faire des fleurs« . »Gai" pensa le petit garçon
Il aimait faire des fleurs.
Et il commença à en faire des magnifiques
Avec ses crayons roses, oranges et bleus.

Mais la maîtresse dit : "Attendez !
Je vais vous montrer comment faire".
Et elle en fit une rouge avec une tige verte ;
« Voilà », dit la maîtresse
« Maintenant vous pouvez commencer ».
Le petit garçon regarda la fleur dessinée par la maîtresse
Puis il regarda ses fleurs à lui.
Il aimait mieux ses fleurs que celle de la maîtresse
Mais il ne le dit pas.
Il retourna simplement son papier
Et fit une fleur comme celle de la maîtresse
Elle était rouge avec une tige verte.

Un autre jour,
Le petit garçon avait ouvert
La porte d’entrée tout seul.
La maîtresse dit :
« Aujourd’hui, nous allons faire quelque chose en modelage ».
« Chouette ! » pensa le petit garçon,
Il aimait le modelage.
Il savait faire toutes sortes de choses avec la terre :
Des serpents et de bonshommes de neige,
Des éléphants et des souris,
Des autos et des camions
Et il commença à pétrie et à malaxer
Sa boule de terre.

Mais la maîtresse dit :
« Attendez, ce n’est pas le moment de commencer ! »
Et elle attendit que tout le monde ait l’air prêt.
« Maintenant », dit la maîtresse,
« Nous allons faire un plat »
« Gai ! » pensa le petit garçon.
Il aimait faire des plats
Et il commença à en faire
De toutes les formes, de toutes les grandeurs.

Alors, la maîtresse dit :"Attendez !
Je vais vous montrer comment faire
Un grand plat profond .
« Voilà », fit la maîtresse,
« Maintenant, vous pouvez commencer ».
Le petit garçon regarda le plat de la maîtresse
Puis il regarda les siens.
Il aimait mieux les siens que ceux de la maîtresse
Mais il n’en dit rien.
Il reroula simplement toute sa terre en une grosse boule
Et fit un plat comme celui de la maîtresse.
C’était un plat profond.

Et bientôt
Le petit garçon apprit à attendre
Et à regarder
Et à faire des choses juste comme la maîtresse
Et bientôt Il ne fit plus les choses de lui-même, du tout.

Alors, il arriva
Que le petit garçon et sa famille
Déménagèrent dans une autre maison,
Dans une autre ville,
Et le petit garçon
Dut aller dans une autre école.
Cette école était encore plus grande
Que l’autre.
Il n’y avait pas de porte
Pour aller directement de dehors dans sa classe.
Il devait monter, monter des grandes marches
Et marcher le long d’un grand corridor.

Et le premier jour
Qu’il était là,
La maîtresse dit :
« Aujourd’hui, nous allons faire un dessin »
« Gai ! » pensa le petit garçon.
Et il attendait que la maîtresse
Dise quoi faire.
Mais la maîtresse ne dit rien
Elle se promena simplement autour de la classe.

Quand elle arriva près du petit garçon
Elle dit :« Tu ne veux pas faire un dessin ? »
« si » dit le petit garçon
« Qu’allons-nous faire ? »
« Je ne sais pas, avant que tu le fasses » dit la maîtresse,
« Comment vais-je faire ce dessin ? » demanda le petit garçon.
« Oh, vraiment comme tu veux ! » dit la maîtresse.
« Et n’importe quelle couleur ? »
"Si tout le monde faisait le même dessin,
Comment saurai-je qui à fait quoi,
Et lequel est à qui ?«  »Je ne sais pas" dit le petit garçon.

....
Et il commença à faire une fleur rouge avec une tige verte.

Poème anglais de HELEN E.BUCKLEY
traduit par AUDE LIMET

(paru notamment dans « Infor-parents » de février 1982 - F.A.P.E.O. galerie Ravenstein - Bruxelles )


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Une auberge espagnole pédagogique

L’an passé, les 23 et 24 août, une trentaine de pionniers Educ/Nouv ont vécu à Buzet, deux journées de gourmandises pédagogiques partagées, les uns initiant les autres pour faire fleurir des écoles tout autres.

Cette année, on remet le couvert...

Auberge espagnole pédagogique

des 24 et 25 août de 9 h à 16/17 h
à Buzet

Voici ce qui est prévu : on se rencontre librement sur le mode de la non directivité intervenante chère à Michel Lobrot (Madame Google vous en apprendra…), ce qui veut dire que ce sont les participants qui décident du programme, qui se groupent au gré de leurs désirs, sur des thèmes choisis par eux, avec des vieux briscarts branchés au courant alternatif ou avec des virginités utopistes. Chacun peut intervenir en proposant une démarche, des documents.
Tout quiconque peut proposer une assemblée générale, une vidéo, un témoignage, un verre de l’aménité, une séance d’impro… à sa guise.

A l’auberge de Buzet, on trouve de la vaisselle, des tables et des chaises et on se partagera les bonnes choses gastronomiques apportées quand on salivera devant l’étalage .

Namur n’est pas loin, son Auberge de Jeunesse est très prisée. On peut s’y retrouver le soir du 24 pour une virée vespérale…

PAF sur place de 2 à 5 euros (maximum) pour les deux jours à glisser dans la fente d’une boîte jolie.

Collecte des inscriptions nécessaires sur :

pepinstercharles@yahoo.be



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