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L’ambiance d’une école influence la réussite des élèves
Un climat qui favorise l’équité sociale
Article mis en ligne le 28 avril 2017
dernière modification le 29 avril 2017

par Michel Simonis
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Le climat scolaire correspond à la qualité de vie qui règne dans une école. Les études se multiplient pour dire à quel point il est important en vue de la réussite. Et ce qui n’est pas le moindre avantage, on apprend même qu’il favorise l’équité sociale.

Un article de La Libre sur « http://www.lalibre.be/actu/belgique...;» m’a incité à aller voir ce que le Pacte d’excellence en disait. Et j’y ai trouvé d’excellentes (!) choses, que je vous partage.

Certes, tout cela, nous le savions déjà, mais il n’est peut-être pas inutile de le rappeler, tant ces évidences sont encore mal concrétisées sur le terrain.

1. Un article : la bonne qualité de vie n’est pas un gadget en plus. Elle est au cœur d’un bon apprentissage

En Belgique francophone, seul un jeune sur deux éprouve un sentiment d’appartenance à son école. Et plus de 8 sur 10 ne s’y sentent pas toujours à leur place. Ces chiffres sont issus d’un rapport PISA publié la semaine dernière par l’OCDE, et consacrés au bien-être à l’école. La communauté française n’a pas répondu à l’ensemble de l’étude dont elle regrette la méthodologie. Ces chiffres sont donc à prendre avec des pincettes, mais ils témoignent des progrès qui peuvent être fait en matière de “climat scolaire”.

Pendant des années, on a crié dans le désert. Aujourd’hui on parcourt toute l’Europe pour en parler« dit le professeur Eric Debarbieux, éminence internationale de la violence à l’école, et, plus largement, du »climat scolaire". En cette fin du mois de mars, il est venu évoquer l’importance de l’ambiance qui règne dans une école lors d’une journée d’études organisée par le Cpeons, l’enseignement des communes et des provinces.

Comme il le rappelle, le climat scolaire est le terme générique utilisé aujourd’hui pour évoquer la qualité de la vie et l’atmosphère quotidienne qui règnent dans un établissement. « Si de plus en plus d’acteurs s’intéressent au climat scolaire, (…) c’est que les études ne cessent de confirmer qu’il tient un rôle important dans la réussite des élèves, et dans leur motivation à apprendre. Et qu’il favorise de surcroît l’apprentissage coopératif, la cohésion du groupe, le respect et la confiance mutuels. »

Un climat qui favorise l’équité sociale

Outre l’amélioration de la confiance entre les acteurs, outre la création d’un cadre propice à la transmission, « la bonne qualité du climat scolaire induit souvent un taux significativement plus bas d’absentéisme et d’exclusions, poursuit E Debarbieux . Mais un bon climat scolaire favorise aussi l’équité. Plusieurs études démontrent que l’atmosphère qui règne dans une école atténuerait l’impact des origines socioéconomiques d’un élève sur sa réussite. » Un bon climat augmenterait donc les résultats scolaires d’une classe, indépendamment des origines sociales et économiques des élèves. « Vous voyez que la bonne qualité de vie n’est pas un gadget en plus. Elle est au cœur d’un bon apprentissage », insiste l’expert.

Forte des mêmes constats, la Communauté française a inscrit, dans une circulaire de 2015, l’amélioration du climat scolaire comme étant une mission du chef d’établissement et de son équipe éducative. Elle en a fait aussi un des objectifs à poursuivre par le futur Pacte pour un enseignement d’excellence.

2. Qu’en dit le « Pacte pour un enseignement d’excellence » ?

Un chapitre, que j’ai trouvé fort intéressant, est intitulé « Le climat à l’école ».

En voici quelques extraits.

Qu’est-ce que le climat scolaire ?

La notion de climat scolaire renvoie à la qualité de vie et de communication perçue au sein de l’école. On peut considérer que le climat d’une école correspond à l’atmosphère qui règne dans les rapports sociaux et aux valeurs, attitudes et sentiments partagés par les acteurs dans l’établissement scolaire (Thiébaud, 2005, p.1)
Pour lire l’article publié par Marc Thiébaud sur le climat scolaire, cliquez ici

Composante de l’environnement socioéducatif : le climat scolaire et ses différentes facettes (Janosz, Georges et Parent, 1998)

1. Le climat relationnel (ou climat social) renvoie à la dimension socio-affective des relations entre les élèves, entre les enseignants mais aussi entre les élèves et les enseignants et entre les enseignants et la direction. La qualité du climat relationnel dépend essentiellement de trois facteurs : (1) la chaleur des contacts interpersonnels, (2) le respect entre les individus et (3) l’assurance du soutien d’autrui.

Pour consulter l’article Ghislain Carlier : « mieux vivre, mieux être et langage corporel » de Maurice et Montégut (Juin 2016) paru dans le café pédagogique, cliquez ici

2. Le climat éducatif traduit la manière dont l’école est perçue au sein de son milieu. Un climat scolaire est positif lorsque l’école est perçue comme un authentique lieu d’éducation, c’est-à-dire (1) dévouée à la réussite des élèves ainsi qu’à leur bien-être, (2) dispensant une bonne éducation, (3) véhiculant la valeur de la scolarisation et (4) donnant un sens aux apprentissages.

3. Le climat de sécurité est caractérisé par le niveau d’ordre et de tranquillité du milieu. Le climat de sécurité se décline à travers (1) les sentiments de sécurité et de confiance des personnes et (2) leur perception des risques de victimisation.

Pour découvrir le guide pratique relatif à la prévention et la gestion des violences en milieu scolaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles (2015), cliquez ici

Pour accéder à la publication « le rôle de l’environnement scolaire dans les conduites violentes » (Galand, 2011) , cliquez ici

4. Le climat de justice se réfère à la manière dont les élèves perçoivent les attitudes, l’évaluation ou la réaction disciplinaire du corps éducatif à leur égard. Selon un rapport publié par la FAPEO en 2013, « dans une école où l’équipe éducative collabore à un projet commun, où subsiste une cohésion au sein de l’équipe éducative mais également avec les parents, la perception de la violence dans l’école sera moins importante » (Van Honsté, 2013, p.9). Dès lors, le climat de justice s’avère être un processus d’engagement où l’ensemble des acteurs scolaires se mobilisent autour de règles claires, comprises par tous et perçues comme étant légitimes. A contrario, « la promotion des élèves, la stigmatisation des erreurs et des échecs visant la sélection de certains élèves » contribuent au développement de la violence au sein de l’école (Van Honsté, 2013, p.10)

Suivent une série d’activités développées au sein des cours de récréation en rapport avec le climat de justice à l’école.
Et un extrait du DVD “Graine de médiateur” publié par l’Université de Paix.

Effet du climat scolaire sur les apprentissages

Travailler sur la notion de « climat scolaire » dépasse le seul cadre d’une atmosphère positive. En effet, la recherche a permis de mettre en évidence un lien prégnant entre le climat scolaire, la qualité des apprentissages et la réussite scolaire. Dès lors, se positionner par rapport au climat scolaire revient à aborder des questions fondamentales liées à « la construction et à la transmission des connaissances » (Debarbieux et al., 2012, p.1). Ainsi Gottfredson souligne que les écoles dans lesquelles le corps enseignant et l’administration communiquent et travaillent ensemble pour planifier le changement et résoudre les problèmes possèdent un meilleur moral des enseignants et pâtissent de moins de désordre. Ces écoles peuvent sans doute absorber le changement. Les écoles dans lesquelles les élèves perçoivent des règles claires, des structures valorisantes et des sanctions sans ambiguïtés souffrent également de moins de désordre. (…) Les écoles gouvernées par un système de valeurs partagées et d’attentes quant au comportement dans lesquelles les interactions sociales profondes s’établissent et dans lesquelles les élèves développent un fort sentiment d’appartenance, et l’impression que les adultes se soucient d’eux souffrent également de moins de désordre (cité par Debarbieux et al., 2012, p.12).

Un climat scolaire positif exerce une influence bénéfique sur la motivation à apprendre. De même, “il favoriserait l’apprentissage coopératif, la cohésion du groupe, le respect et la confiance mutuels” (2012, p.5). Par ailleurs, un climat scolaire positif contribuerait à réduire de manière significative le taux d’absentéisme dans les écoles. En effet, la motivation des élèves augmente “lorsqu’ils se sentent valorisés, qu’ils s’investissent dans la politique de l’école et que leurs professeurs se sentent fortement connectés à la communauté scolaire” (p.5). Enfin, les tests PISA (2009) confirment que “les bonnes relations entre élèves et enseignants constituent un facteur clé dans l’établissement d’un climat scolaire propice à l’apprentissage”. En effet, les recherches de l’OCDE ont démontré que les élèves apprennent mieux et ont moins de problèmes de discipline lorsqu’ils sentent que leurs enseignants les prennent au sérieux.

Pour consulter la publication de l’OCDE , cliquez ici


Faire évoluer le climat scolaire de son établissement

Trois mots-clefs sont de mises afin de faire évoluer le climat scolaire de son établissement :

ENCOURAGEMENT - COOPéRATION - CLARTE DES REGLES

L’amélioration du climat scolaire est favorisée par sept facteurs clés (Thiébaud, 2005, p.5) :
• une analyse des besoins sérieuse et concertée ;
• un groupe de pilotage de projet compétent ;
• une organisation des tâches ;
• l’implication d’un maximum d’acteurs et de partenaires de l’école ;
• l’acceptation des différences dans le degré d’implication des divers acteurs ;
• une évaluation continue (auto-évaluation) ;
• le suivi du projet.

Pour aller plus loin – documentation
Les services d’aides
Liste des sources

3. Un exemple. Au lycée Dachsbeck, il suffit d’une « chouette heure » pour souder la classe

Le lycée Dachsbeck est une vraie école bruxelloise. Elle semble avoir patiemment trouvé sa place, blottie entre les rues et les bâtiments qui se serrent au pied du quartier du Sablon. De ce quartier, d’ailleurs, elle en est un témoin privilégié, observant sa jeunesse depuis la fin du dix-neuvième siècle.

Une ressource

En 2008 cependant, après l’avènement du décret inscription, sa population change du tout au tout, et la situation n’est pas facile à gérer. Les élèves se connaissent moins, les profs sont déstabilisés et l’ambiance, au sein de l’école, devient difficile à gérer. « Avec le psychiatre et professeur de l’ULB Isy Pelc, on a alors cherché une solution et on en est arrivé à mettre en place ce que l’on a appelé une Chouette heure », explique Caroline Fabry, qui enseigne le français dans l’établissement.

Le principe est aussi simple qu’efficace. Tous les quinze jours, chaque classe de première et deuxième secondaire s’arrête pendant une heure, se place en cercle, s’équipe d’un bâton de parole et entame un dialogue. « En général, ce dialogue démarre par un petit jeu de rôle ou par un exercice imaginé par le prof », continue Caroline Fabry.

Lors de la première rencontre de l’année, chaque élève s’exprimait en évoquant « Je suis le seul à… ». « Je suis la seule à être Burundaise », avançait par exemple Marie qui découvrait alors que ce n’était pas le cas.

« C’est tout simple, mais cela permet bien souvent de créer un esprit de classe et de se découvrir, poursuit Caroline Fabry. Cela permet aussi de désamorcer certaines polémiques. Ces moments de dialogue, désormais institués, sont des sas de décompression et des habitudes vers lesquelles on peut se retourner quand l’actualité est lourde en dehors de l’école, mais aussi quand on a connu un événement douloureux entre nos propres murs. »

4. Outils de prévention

Une recherche-action est menée par l’équipe des Sciences de la famille de l’Université de Mons sur les violences visibles et invisibles à l’école. Ce dispositif expérimental de prévention et de prise en charge du harcèlement, du cyber harcèlement et des discriminations en milieu scolaire est soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Une vidéo réalisée par les écoles de Watermael-Boitsfort en donne une bonne idée (https://vimeo.com/203732995).
Un livre, « Prévention du harcèlement et des violences scolaires », rédigé par Bruno Humbeeck et Willy Lahaye et illustré par Maxime Berger, a été publié aux éditions De Boeck.


30 années de GBEN

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Sorti de presse fin octobre 2016, le carnet du CARHOP de Florence LORIAUX « Transformer la société par l’éducation, 30 ANS DE RéFLEXIONS ET D’ACTION DU GBEN » retrace l’histoire de notre mouvement.

Le livre (141 pages) est disponible au prix de 10 €. (plus les frais postaux éventuels).

On pourra trouver le livre chez quelques membres actifs du GBEN. Il peut être commandé à Ermeton s/Biert auprès d’Eugénie Eloy (12 € plus les frais de port) à verser sur le compte du GBEN Triodos BE22 5230 8031 3247 du GBEN asbl.

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