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Des pratiques qui n’excluent pas les enfants :
 le pari du « tous »
Ecole Mosaïque
Article mis en ligne le 2 septembre 2012

par Michel Simonis
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Voici un extrait de « L’école mosaïque. Apprendre ensemble et se construire par des pratiques solidaires », un livre écrit par l’équipe éducative de l’Ecole ouverte des Bourseaux, Saint-Ouen-L’Aumône.

« Pendant trois ans, avec les chercheuses du Crésas-INRP, nous avons travaillé cet objectif : le pari du « tous » (vidéos, micro observations, discussions, analyses à chaud et à froid, allers-retours entre enseignants, etc.). La base de ce travail a été l’observation de petits groupes d’enfants en multi-âge, et le résultat, s’il faut le résumer, fut une grande surprise car ensemble, ils montrent de grandes capacités à s »apprendre les choses mutuellement. En restant assis à une table de travail pendant des séances entières de classe, nous avons appris à la fois à cibler les vraies difficultés, les points où ils achoppent, mais aussi à avoir confiance.

Nous avons observé que pendant les moments de travail en groupe, chaque enfant apportant une contribution à son niveau, le savoir se construisait petit à petit. Et nous pensons maintenant qu’il faut s’appuyer sur cette proximité de langage qu’ils ont entre eux pour les faire tous progresser, y compris ceux qui ont des difficultés. Pendant un certain temps, un temps de transition, nous avons privilégié des moments en petits groupes pour faire « du Crésas » et prendre confiance en nos propres capacités dans cette nouvelle posture (assis auprès d’un groupe, en observation, concentré et vigilant... ) qui n’est pas simple à acquérir...

Mais le pari du « tous » ne peut se gagner que si le cadre dans lequel se déroule cet atelier permet le tâtonnement, donne le droit à l’erreur, autorise des solidarités, des coopérations, que s’il se déroule dans un climat de confiance réciproque.

Je passe le descriptif de l’activité (voir le livre « l’école mosaïque », p. 79 à 88) sauf la constitution des groupes, pour seulement énoncer les titres et en arriver à la conclusion.

1. Le cadre

La réussite du « tous » est liée à plusieurs critères qui nous semblent incontournables et qui garantissent que tous les enfants sont impliqués.

1. 1 - Tables de travail

Les enfants sont répartis en tables de travail, ou sexes et âges sont mélangés.
Exemple : une table de 4 comprend 2 filles et 2 garçons : 1 « troisième année », 1 « deuxième année », et 2 « première année », ou 2 « troisième année » dont un plus en difficulté, 1 « deuxième année », et 1 « première année ».
Dans le cas de figure d’une table de 5 : 3 garçons et 2 filles, avec 2 « troisième année », 1 « deuxième année » et 2 « première année », etc.
Des groupes de 5, voire 6 au maximum, évitent la dispersion, la mauvaise écoute et la non-participation de tous.

1.2 - Habitude du travail en groupes

Ces groupes de tables font l’objet d’une réflexion et se forment à chaque retour de vacances, après discussions entre enfants et adulte pour le choix des partenaires de travail. En dehors de l’atelier de géométrie, les enfants sont habitués à se retrouver, échanger, discuter, confronter leurs idées, s’organiser pour un résultat commun : par exemple l’Aro, les ateliers d’écriture, d’autres démarches de mathématiques, des cercles de lecture...

1.3 - La régulation du vendredi après-midi

Les problèmes qui apparaissent concernant l’entente entre les enfants pendant les moments de travail sont abordés et mis à plat lors des régularisations hebdomadaires : on peut protester contre ceux qui « commandent », ceux qui ne font rien ou ne disent rien, ceux qui abîment le matériel, ceux qui n’aident pas ou qui bavardent. Le groupe veille à la bonne participation de tous, car il a à cœur d’apporter travail apprécié par les autres. Et de bonnes conditions de travail font que chacun trouve du plaisir à avancer avec son groupe.

1.4 - Les responsabilités

1.5 – L’autonomie

1.6 – L’expérience du travail en petits groupes

1.7 – Régularité

Exemple du cheminement d’un enfant, d’un contrat projet à l’atelier « polyèdre »

J., 3e année, est en très grande difficulté en maths, géométrie ou autre, et n’a aucune confiance en lui. Le contrat mené par le Clae pour les cycle 3 consiste à produire toutes sortes de figures géométriques de caractère plus ludique et artistique qu’en classe, avec une exigence en minutie et propreté. Après son contrat, mis en confiance parce qu’il l’a trouvé facile, J. se lance dans des « réussites » à base de figures géométriques libres et colorées qu’il présente au groupe à deux reprises le vendredi, pour la première fois depuis trois ans. Il en fait même de petits cadeaux qu’il distribue. L’atelier « polyèdre » commence à peu près au même moment et il s’aperçoit que tout ce qu’on lui demande de faire en première étape (cf. description de l’activité plus loin), il sait déjà le faire. C’est sa première expérience mathématique menée sans angoisse et sans constant recours à l’adulte.

2. Description de l’activité

’organisation en atelier requiert une bonne répartition des rôles parmi les enfants.Chaque responsable (les distributeurs, celui du petit matériel, celui des feuilles...) est mis à contribution pour démarrer les séances dans de bonnes conditions.Les choses se mettent rapidement en place, sans débordement excessif ni perte de temps.

Ce qui s’y passe

  • 3.1 - du concret et des contraintes fortes
  • 3.2 - Pendant cette activité, le groupe vie est en effervescence.
  • 3.3 – Synthèse

3.1 - Du concret et des contraintes fortes

On mesure, trace, découpe, plie, colle, tourne et retourne, manipule, arrange, pour obtenir un objet fini qui est exposé en classe à la vue de tous.

La marche à suivre est très contraignante : base, arêtes, deuxième base, assemblage (pour les plus simples).

Le début est souvent assez rude : la planche à mesurer centimètre par centimètre pose de gros problèmes (on exige des mesures parfaites, des traits fins et bien droits avec repères en haut et en bas ... ) ; mais on prend le temps, deux ou trois séances s’il le faut, l’enseignant insiste et explique pourquoi il est exigeant. Quand le premier solide est terminé, le pli est pris, et plus personne ne se plaint, les enfants recommencent volontiers cette partie de la construction, et naturellement cela leur est devenu plus facile et plus clair.

3.2 - Pendant cette activité, le groupe vie est en effervescence.

Chacun produit son propre objet, il est quasi impossible de passer inaperçu sur le long terme : celui qui décide de laisser traîner est vite repéré. Malgré les contraintes fortes, l’activité ne se mène pas de façon directive : il n’y a pas d’obligation de résultat en temps limité, le but n’est pas que tous en soient au même point en même temps. L’important n’est pas la vitesse mais que tous avancent...
(...)

4. En quoi « tous » en profitent

L’objectif que nous avons longuement travaillé avec le Crésas était de trouver des activités où tous les enfants, les plus jeunes et les plus grands, ceux dits « surdoués », paresseux, timides, « moyens », adroits, de milieux cultivés ou simples, en « difficulté » un peu ou beaucoup, puissent s’impliquer avec profit, en ne laissant personne de côté. L’activité bien ciblée, bien préparée, et constamment rediscutée à chaque réunion de cycle, les choses se font (presque) toutes seules : l’enseignant est à l’affût de ce qui s’y passe mais, assis à sa table, il se consacre à l’observation et participe aux difficultés rencontrées.

Références du livre : L’école mosaïque. Apprendre ensemble et se construire par des pratiques solidaires, Ed. CDDP Accadémie de versailles, Val d’Oise, 2005. Ecrit par l’équipe éducative de l’Ecole ouverte des Bourseaux, Saint-Ouen-L’Aumône.


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