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Le site du Groupe belge d’Education nouvelle.

Intervention de Charles Pepinster au ‘Carrefour de l’Education’
Compte-rendu réalisé par la secrétaire du ‘Carrefour de l’Education’
Article mis en ligne le 5 octobre 2011
dernière modification le 5 juillet 2016

par Charles Pepinster
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Charles Pepinster est l’instigateur du Groupe Belge d’Education Nouvelle (GBEN). Il est aussi fondateur de la réalisation « La maison des Enfants » à Buzet (Floreffe), école communale fondamentale innovante, scrupuleusement respectueuse de la législation scolaire, celle-ci étant lue de manière émancipatrice.

Il explique qu’il fut, pendant 10 ans, un enseignant traditionnel chez les Pères Jésuites. Il était alors convaincu de développer la meilleure didactique… jusqu’au jour où, étudiant dans un Institut Supérieur de Pédagogie, il rencontra un enseignant Freinet qui le ‘convertit’ aux méthodes actives.

Muni ensuite d’un diplôme officiel ‘d’aptitude à enseigner aux anormaux’ (sic), il fonda, en 1963 un institut médico/pédagogique ‘Le Bois Marcelle’ à Marcinelle pour les enfants de la région de Charleroi qui étaient exclus d’écoles traditionnelles, institut qu’il dirigea pendant 10 ans.

Devenu inspecteur cantonal, Charles Pepinster pensait pouvoir transformer et l’école et la fonction d’inspecteur…ce qu’il rata lamentablement, comme il le dit ! Il développa pourtant l’objection de conscience à la notation des élèves lors des examens. Il refusa donc d’organiser l’examen cantonal, ancêtre de l’examen externe de fin d’école primaire, hélas devenu obligatoire pour tous (qu’on habite à Frameries ou à Woluwe Saint- Lambert), appelé examen CEB.
Pendant 18 ans il exerça l’inspection des écoles. peu à peu ‘autrement’, avec des erreurs et des réajustements.

La Maison des Enfants

En 1992, le bourgmestre de Floreffe André Bodson lui demanda comment rouvrir une école primaire fermée depuis 17 ans à Buzet.
Charles Pepinster trouva là l’occasion de réaliser son rêve : redevenir instituteur en ouvrant une petite école publique, donc gratuite et accessible à tous mais débarrassée des contraintes que les écoles ajoutent (comme par plaisir ?) à la législation scolaire : examens notés (concurrence, individualisme, soumission, spéculation, chantage, mésestime, stress et perte de temps), devoirs et leçons à domicile, punitions et récompenses, dénonciations aux parents, morcellement des apprentissages, redoublements. Il rappelle que, dans un Etat de Droit, tout ce qui n’est pas interdit est permis... donc que le système de Buzet est légitime et transférable.
La preuve est ainsi faite qu’il n’est pas nécessaire de faire des écoles privées pour innover.

Fonctionnement de cette école officielle d’Education Nouvelle.

La journée commence par le Conseil de la classe. On y découvre, tous ensemble, les apprentissages prévus par les adultes réunis chaque jour après la classe et ceux souhaités par les élèves : projets, théâtre quotidien, utilisation de la bibliothèque/centre de documentation, exposés interactifs, arts. démarches exploratoires, seul puis en groupes : en maths, géo, écriture etc. Les regroupements sont très variables : tous ensemble, par degré, en trios inter-âges, par demi-groupes qui s’instruisent mutuellement...

Il insiste, comme Paul Absil du mouvement Freinet, sur la perte de temps que représente le temps passé à des examens, des corrections, des proclamations car une école traditionnelle y consacre environ 30 jours par an. Or, 30 jours x 6 années = 180 jours = une année scolaire. Ainsi donc, finis, les redoublements. On a gagné un an.
Si, à la Maison de Enfants de Buzet, il n’y a pas de ces examens habituels // non prévus par la Loi à Noël, Pâques ou à la Trinité // mais il y a, en revanche, un « Chef-d’œuvre Pédagogique » que chaque élève réalise en fin d’école primaire. Cela consiste en une présentation de 2h30 environ ou plus où l’enfant démontre qu’il est habile en langue, mathématiques, histoire, informatique, interview, animation, expression artistique etc, sur un sujet décloisonné qu’il a choisi et préparé pendant un an avec ses condisciples. Preuve de compétences et non épreuve.

L’examen ‘CEB’ étant obligatoire, les élèves le passent, mais sans préparation parce que les adultes croient en son pouvoir de conformisme vu qu’il est scolaire, écrit, solitaire et noté, donc non « créatif et solidaire ».
Les élèves abordent cette épreuve formelle avec +/- d’appréhension et la trouvent inutile même si leur notes dépassent généralement 49 sur 100. Ils se demandent pourquoi le chef-d’œuvre pédagogique, mis au point par Charles Pepinster dans sa forme actuelle, ne remplace pas cette épreuve traditionnelle.

Pour Ch. P., l’Education devrait être surtout culturelle et beaucoup moins scolaire, vu les menaces qui pèsent sur l’humanité.
Concernant la création de nouvelles écoles (cfr. Bruxelles et sa nécessité d’ouvrir plus de cinquante écoles), Mr Pepinster ‘parle d’expérience’ et préconise d’investir des Maisons des Enfants, immeubles à réhabiliter pour+/- 55 enfants comme à Buzet, de-ci, de-là dans les quartiers de ville… au lieu de prévoir des cages à poules pondeuses concentrationnaires, poules dont on calibre les œufs à tout bout de champ.
Avantages : incitation à l’autonomie dans les pièces d’habitation aménagées, hors du regard permanent de l’adulte qui fait confiance en construisant celle-ci, déconcentration, proximité, 3 ou 4 enseignants en équipe…sans devoir exproprier pour démolir/construire et ainsi attendre longtemps. On pourrait même vouloir des rues des enfants, avec quelques maisons/écoles, sans voitures comme il y a des rues réservées aux commerçants.
Si les textes légaux actuels entravent semblables réalisations, qu’on les change, pense l’intervenant.
Les lois, dit-il, sont générées par la psychologie qui détermine des mœurs. Il ajoute que si les mentalités évoluent, les textes officiels devraient s’adapter pour mieux servir la demande et les besoins de la population.

Il s’interroge : pourquoi changer l’école ?

Parce que l’espèce humaine est en danger et qu’elle s’en est toujours sortie par la fraternité et l’inventivité. Ces valeurs humanistes, opposées à la compétition et l’individualisme caractéristiques de la société de consommation, doivent imprégner l’école de toute urgence. La Loi le permet.
Nelson Mandela, Prix Nobel de la Paix, le dit : « L’école est l’arme la plus puissante pour transformer la société »

Bref, Charles Pepinster a quitté un train qui cahotait sur des voies souvent dangereuses conduisant à des paysages sombres, où des voyageurs étaient perdus, découragés..
Il s’est arrêté dans une gare, a changé de quai pour prendre un train qui va dans l’autre sens, vers des cieux plus sereins.
Il s’est engagé depuis 30 ans dans la formation ouverte des enseignants en Belgique et à l’étranger. Il revient de Bolivie où il chemine avec des professeurs depuis dix ans.

Sites pour en savoir plus : www.gben.be, www.panote.org et www.lamaisondesenfants.be
Courriel : pepinstercharles@ymail.com


30 années de GBEN


Sorti de presse fin octobre 2016, le carnet du CARHOP de Florence LORIAUX « Transformer la société par l’éducation, 30 ANS DE RéFLEXIONS ET D’ACTION DU GBEN » retrace l’histoire de notre mouvement.

Le livre (141 pages) est disponible au prix de 10 €. (plus les frais postaux éventuels).

On pourra trouver le livre chez quelques membres actifs du GBEN. Il peut être commandé à Ermeton s/Biert auprès d’Eugénie Eloy (12 € plus les frais de port) à verser sur le compte du GBEN Triodos BE22 5230 8031 3247 du GBEN asbl.



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