Groupe belge d’éducation nouvelle

Ecrire en classe UN CONTE MERVEILLEUX

lundi 30 juin 2008 par Michel Simonis

Outils et partis-pris :

  • 1 - laissez votre main écrire toute seule : comme elle enfile des perles, elle tisse les mots.
  • 2 - trame et chaîne du tissage. La topographie ( et la toponymie) comme trame du tissage ; l’écriture effervescente comme chaîne. : elle tisse les mots, les enchaîne et crée le texte.
  • 3 - ce ne sont pas les idées qui manquent, mais les mots.
  • 4 - tous capables d’écrire.

Voulez-vous avoir le plaisir de voir vos élèves se mettre TOUS à écrire avec passion, enthousiasme et qualité ? la recette est simple, et garantie, si on respecte quelques principes de base :

1. créer une situation insolite (une personne inhabituelle, par exemple un collègue), un lieu différent : sortir de la classe ou de l’école, des consignes sortant de l’ordinaire voire provocantes, ordonnées de façon spéciale...).

2. bannir impitoyablement pour toute la durée de la démarche d’écriture, toute forme de critique, de jugement, d’évaluation.

3. pendant la phase d’écriture, ne pas exiger une orthographe correcte, et même empêcher les enfants d’aller vérifier au dictionnaire, car cela ralentit ou même étouffe la créativité.

4. ne pas traîner pour les consignes : les contraintes de rapidité stimulent l’activité.

Voici un canevas de démarche, à accommoder à votre propre sauce.
Votre créativité fera en sorte que la démarche ne se déroulera jamais deux fois de la même façon.

Première consigne

on travaille le mot FORÊT, lieu par excellence du conte, ou un autre mot inducteur riche de possibilités d’association, selon les principes l’écriture effervescente (axe du sens, axe de la ressemblance de forme ou de sonorité) ou selon la technique de l’étoile éclatée, dont voici un exemple :

L’idée est d’écrire librement toutes les associations qui viennent à l’esprit en les reliant au mot qui précède dans le schéma centré.

Deuxième consigne

  • En groupe de 4 ou 5, faites, à partir de vos étoiles, une liste des lieux possibles dans la forêt (clairière, chemin, ruisseau, sapinière, cascade, maison...) et une liste des mots qui ne sont pas des lieux (écureuil, champignon, vent, fée, cheminée, Mowgli...) ;
  • Puis associez des lieux à ces mots pour créer une nouvelle liste (« carrefour des écureuils », « étang des fées », « maison du gai savoir »...) ;

Placez ces lieux sur une grande feuille de façon à dessiner la carte de la forêt (une carte par groupe de quatre ou cinq enfants).

Troisième consigne

Chacun écrit un conte merveilleux en utilisant tous les itinéraires possibles dans la forêt. Écriture individuelle (15 à 20 minutes)

On donne deux types d’information aux enfants, l’une concernant les ingrédients présents dans tous les contes (cf document annexe n°1) et les phases habituelles (cf schéma séquentiel, annexe n° 2), l’autre précisant à quoi tient le MERVEILLEUX dans un conte et comment inventer un monde merveilleux (cf le document n°3).

Bien sûr, le mieux est de faire trouver ces informations par les élèves eux-mêmes, à partir des contes qu’ils connaissent, et cela peut aller vite (10 minutes avec des enfants de 10-12 ans).

Quatrième consigne

Affichage des textes et lecture des textes des autres.

Prolongements

A partir d’ici, beaucoup de possibilités d’exploitation sont possibles. En général, les enfants aiment beaucoup lire leur conte tout haut devant la classe. C’est l’occasion de voir ensemble (sans jugements de valeur) quels sont les phases du conte présentes et absentes. Souvent, les enfants ont alors, d’eux-mêmes, envie de compléter leur conte en ayant vu ce que les autres ont écrit.

On peut aussi leur proposer de réécrire un conte à plusieurs, en prenant des fragments de chacun, ou leur demander de trouver dans les autres contes trois éléments intéressants à intégrer dans leur propre conte, ou encore, par deux, de mettre ensemble deux textes pour faire un nouveau conte.

Il y aura alors une phase de correction orthographique et grammaticale surtout si le projet est d’imprimer les contes, de les publier ou de les réécrire en les illustrant.

Il est essentiel que CHAQUE PARTICIPANT d’un groupe retrouve quelque chose de sa production dans la production finale du groupe.

Michel Simonis

Sources :

« Dans la forêt du conte, pousse le palimpseste », 1. écriture d’un conte merveilleux, dans « Le récit, mode d’emploi », Groupe Français d’Education Nouvelle, GFEN-Provence, p. 24-26

Annexes :

DOCUMENT n°1 : schéma séquentiel du conte canonique
D’après PROPP et GREIMAS _V. PROPP, « Morphologie du conte », coll. Point, Seuil

DOCUMENT n°2 : schéma actentiel du conte

DOCUMENT n°3 : le merveilleux
Fiche faite en classe au lycée professionnel (Odette NEUMAYER-ZUMMO + Mireille BLANC)

Le conte sera un conte MERVEILLEUX.
A quoi tient le MERVEILLEUX dans un conte ?
Comment inventer un monde MERVEILLEUX ?
DOCUMENT N° 3


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